L’optique: transparence de la vue et transparence de l’offre

Mister MagooL’optique n’est pas un luxe

Mais une nécessité absolue : certains parmi nous prenons nos lunettes avant même de mettre un pied hors du lit le matin ! Mais le consommateur, même averti, est dans l’impossibilité quasi totale de comparer point par point les propositions qui lui sont faites en matière d’optique. C’est aussi difficile d’y voir clair (le jeu de mots s’invitait) que lorsque l’on s’efforce à comparer des polices d’assurance. Nous savons que les prix de l’optique en France sont parmi les plus élevés au monde et qu’une nouvelle loi plafonnera le remboursement des complémentaires santé – même celles choisies précisément pour leur prise en charge confortable de frais d’optique.

Catastrophe. Mi-octobre, je cassais irrémédiablement mes lunettes intermédiaires. Celles que j’utilise le plus. Celles qui me permettent de vous rédiger ces (passionnants ?) billets de blog et de prendre en charge les projets de mes clients. Un outil de travail essentiel mais non-déductible comme charge professionnelle. Je me suis donc rabattue en désespoir de cause sur mes progressifs; j’en ai les cervicales en compote et un mal de crâne quotidien. Mes fidèles opthalmo et opticien étant dans une autre région, j’avance à tâtons depuis pour solutionner le problème.

C’est édifiant.

C’est la première fois, curieusement, que je mène des recherches pour un tel investissement. Entreprendre les diligences nécessaires et comparer les fiches techniques sont un réflexe pour tout autre acquisition : informatique, automobile, électroménager et j’en passe. Vous me direz, il était temps de se pencher sur le sujet.

Je me rends chez le premier ophtalmo qui a pu me proposer un RDV. Il s’avère bien plus intéressé par me vendre l’idée d’une opération (bien que ma vision soit loin d’être stabilisée, le prérequis de base) que de parler de ma vue sensible. Je ressors avec des ordonnances (progressives, intermédiaires, solaires – le trio gagnant habituel) me disant qu’il allait falloir que l’opticien contrôle ma vue. J’écume des articles et discussions techniques glanés sur Internet concernant divers fabricants (Hoya, Rodenstock, Novacel, BBGR – que je ne connaissais pas – et bien sûr Essilor) et les atouts spécifiques de leurs produits.

Je demande des recos d’opticiens à mes collègues, qui sont malheureusement assez loin de chez moi. Je visite donc les opticiens indépendants de mon quartier (le SAV à proximité, c’est important!) et essaie de sortir de l’offre tout Essilor – inventeur d’origine des progressifs, champion du marketing, mais plus forcément le meilleur rapport qualité/prix, dixit par exemple 60 millions de consommateurs. Pour ne rien vous cacher, alors que l’article annonce que le prix moyen de verres progressifs haut de gamme d’Essilor est à 274€ le verre (ce qui m’étonne), le prix de ma correction tourne autour de 450€ le verre pour du moyen de gamme – et pas seulement chez Essilor !

Constats après deux semaines de recherches et de devis:

  • Sortir du tout Essilor est extrêmement difficile. Certains opticiens veulent bien vous faire plaisir en commandant auprès d’autres fabricants, mais le fait qu’ils ne les connaissent pas bien n’est pas rassurant: ils ne sont pas en mesure de dire pour X problème, tel ou tel verre apporterait un plus et pourquoi.
  • De l’entrée de gamme parfois au même prix que du haut de gamme : les devis reçus ne permettent guère une comparaison véritable; ce sont des pommes, des oranges, des kiwis. Les différents verres et traitements Essilor sont proposés à tarifs équivalents, sans lien aucun avec les différences de qualité (et le prix d’achat de l’opticien). En somme, des devis sans fiche technique à l’appui. Poser des questions ne plaît pas, manifestement.
  • Les tarifs de l’optique via Internet sont alléchants (et néanmoins tout aussi variables). Pour des corrections ordinaires, sans autre problème ou sensibilité, cette solution pourrait être viable. Le parallèle avec une traduction automatique d’un texte simple et pour compréhension uniquement est facile à faire, n’est-ce pas ?
  • Seul UN opticien a immédiatement contrôlé ma vue et – sans surprise – l’ordonnance de l’ophtalmo devait être modifiée (sa machine ne tenant pas compte du fonctionnement du cerveau de l’individu et de la notion de confort). Le contrôle était gratuit, l’écoute active et les conseils judicieux,  mais c’est aussi l’opticien au devis le plus élevé. Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?
    • la compétence et la démarche conseil envers le client ont une valeur
    • cette valeur n’est pas gratuite
    • c’est un investissement gagnant sur le long-terme et doté d’un SAV réel
    • l’absence de conseil et de suivi peut coûter cher, très cher

Devinez quel est l’opticien à qui je vais confier mes  yeux ?

La nouvelle loi pénalise ceux qu’elle vise à protéger

Oui, il y a de sérieux problèmes avec les tarifs de l’optique en France et de la manière dont s’effectuent les remboursements – tout particulièrement de la Sécurité sociale dont les montants sont figés au taux d’origine, au milieu du siècle dernier. L’optique n’est pas un luxe, c’est une nécessité absolue (je sais, je me répète, mais c’est vrai. Ce n’est pas une question de mode, je recycle mes montures et me fiche éperdument de ne pas être tendance.)

Plafonner le taux de remboursement des mutuelles ne s’attaque pas aux problèmes de base. Au contraire, ce sont encore les consommateurs qui vont en faire les frais. Ceux qui ont investi dans une complémentaire santé haut de gamme qui rembourse convenablement (mais jamais entièrement !) seront d’autant plus pénalisés.

Les discussions que j’ai pu avoir avec les professionnels du métier confirment que cette loi n’aura aucun impact sur les tarifs des fabricants ou des opticiens en France. Les professionnels de l’optique brandissent la menace de la fin de l’optique “made in France”, de licenciements massifs et de verres chinois peu contrôlés.

Il faut arrêter d’agiter toujours le même épouvantail. L’argument est galvaudé et, tout comme cette fichue loi – parmi d’autres que je pourrais citer dans divers domaines qui pénalisent le particulier tout en disant mieux défendre ses intérêts – s’attaque au problème par le mauvais bout de la lorgnette (sic).

Pas les mutuelles, le Code du travail et les charges sociales

Il y a quelques années, j’étais aux Etats Unis et avais cassé mes toutes nouvelles lunettes Varilux. J’ai du les faire refaire sur place et appréhendais la note – surtout en absence de prise en charge de ma mutuelle. Mes nouveaux verres Essilor Varilux (oui, avec certificat et garantie), “made in USA”, ont coûté plus de moitié moins cher qu’en France, soit globalement le même montant qui était resté à ma charge trois mois avant, après remboursement de mon assurance.

C’est évident, surtout pour nous, professions libérales, que ce sont le Code du travail et les charges sociales auxquels il faut s’attaquer – pas de dicter les taux de remboursement des assurances.

Confort de vue, inconfort latent

Dans une dizaine de jours, j’aurai mes nouvelles lunettes. J’ai confiance en l’opticien que j’ai choisi. Son travail, son expertise et son sérieux méritent d’être mis en exergue et rémunérés. Une plus grande transparence dans les méthodes de facturation dissiperait l’inconfort latent que provoque le système actuel. La prestation de service devrait être scindée du prix des verres en eux-mêmes. Ceci permettrait de promouvoir la valeur ajoutée de l’opticien tout en informant le consommateur du prix et des attributs techniques du produit qu’il achète.

La transparence inspire confiance, dans tous les métiers.

Si vous avez des retours d’expérience à partager où la confiance dans le professionnel a eu un rôle déterminant dans votre choix, n’hésitez pas !

 

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