Du beurre, des cacahuètes et des risques en pagaille

Acheteurs de traductions, méfiez-vous des annonces alléchantes.

Babylon lance un service de traduction humaine et la lecture de leur FAQ est édifiante. Vous me pardonnerez de ne pas inclure le lien hypertexte, mais je ne vais pas leur faire une fleur.

Le système qui permet la réalisation de ce service est une mise au point innovante de Babylon : mettre en contact des traducteurs professionnels aussi bien que des amateurs et ceux qui ont besoin de services de traduction et gérer la communication et l’échange d’informations entre eux en prenant en compte le décalage horaire, l’urgence de la tache et le tarif le moins cher.

Source : Mobifrance

La lecture attentive de leur FAQ (disponible qu’en anglais) fait ressortir un certain nombre de points inquiétants, tant pour le donneur d’ordre que pour le prestataire. Quelques exemples suffisent :

  • Babylon applique un coefficient multiplicateur entre 70 et 100%, suivant le crédit de mots achetés.
    Le client est facturé entre 0,16 cents US (soit 0,1139 centimes d’euro au taux de change du jour) et 0,136 cents US (soit 0,096 centimes d’euro) et le traducteur (professionnel ou amateur, traduction spécialisée ou non, pour information ou publication – peu importe!) est payé 0,08 cents US (soit 0,059 centimes d’euro)
    Babylone apporte-t-il une valeur ajoutée à la traduction ? Non. La marge, c’est du beurre, récompense de la mise en relation.
  • Babylon règle les honoraires des traducteurs par Paypal ou Moneybookers.
    Les frais associés sont à la charge des traducteurs. Faites le calcul…
  • La responsabilité pour la perte éventuelle de données incombe entièrement au traducteur.
    Dois-je vous dresser la liste de tous les risques informatiques possibles et des difficultés, dans de telles relations tripartites purement virtuelles, de redresser le tir ?
  • Ni la FAQ ni les conditions générales ne font référence à la TVA ou tout autre impôt ou taxe.
    En effet, c’est très ennuyeux d’avoir à se préoccuper de questions fiscales.

Un traducteur humain professionnel travaillant légalement ne s’y risquerait pas !

Il n’est pas étonnant alors que l’article 6.1 des conditions générales précise, et je cite par copié-collé, majuscules et fautes de grammaire incluses :

NEITHER BABYLON NOR THE HUMAN TRANSLATORS ASSUMES NO LIABILITY OR RESPONSIBILITY FOR ERRORS, OMISSIONS OR AMBIGUITIES IN THE TRANSLATED TEXT.

Autrement dit, chers clients, et en bon français, si la traduction est une daube truffée d’erreurs, c’est pour votre pomme.

L’offre a-t-elle toujours l’air aussi alléchante ?

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Comments: 2

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  • Rob Grayson

    Tout à fait d’accord avec ton analyse, Patricia. Malheureusement, force est de constater qu’il ne manquera pas de clients avides de se procurer des traductions encore moins chères… ni de soi-disant traducteurs trop contents d’en profiter…

     
     
     
    • Eh oui ! Au moins, j’ose espérer (suis-je trop optimiste ?) que quelques donneurs d’ordre et traducteurs professionnels y réfléchiront par deux fois avant de foncer tête baissée.

       
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