Acheteurs de traductions : trouver un professionnel lorsqu'on n'est pas "du métier"

Trouver une aiguille dans une botte de foin
Trouver une aiguille dans une botte de foin

C’est vendredi matin, et votre patron vous demande de trouver un super traducteur professionnel pour traduire une présentation qu’il doit faire à un client étranger en début de semaine prochaine. Vous n’en connaissez pas, vous n’êtes pas du métier, vous ne voulez pas prendre de risques (car sinon, cela pourrait vous retomber sur le nez), alors que faire ?

Cette semaine, j’ai reçu deux invitations à rejoindre de nouvelles plateformes d’intermédiation – une dédiée aux métiers de la traduction, une plus généralement aux prestataires de services intellectuels. Ouvrir un compte prestataire est facile comme bonjour, même mon jardinier qui baragouine quelques mots d’anglais pourrait se présenter comme traducteur professionnel.

Une d’elles propose même, moyennant finances, de “certifier” le “traducteur”. C’est ronflant, c’est soi-disant rassurant pour le client, n’est-ce pas ? Mais c’est une chimère. Les clients risquent fort de confondre “traducteur certifié” (ce qui n’existe pas) et “traducteur expert”, un expert judiciaire inscrit auprès d’une Cour d’Appel ou de la Cour de Cassation.

Vous le comprendrez, je n’ai pas terriblement envie de les nommer pour ne pas leur faire de la pub’ gratuite, mais les deux sont françaises et ont été lancées cette année.

Si vous avez la responsabilité de trouver un traducteur professionnel, spécialisé dans le domaine concerné, et qui exerce légalement son métier, comment se retrouver dans une jungle qui me semble devenir de plus en plus opaque ?

Quelques pistes et points de vérification préalable

  • Le bouche-à-oreille : activez votre réseau et demandez des recommandations
  • Consultez l’annuaire de la Société française des traducteurs, le syndicat national des traducteurs professionnels. Vous aurez l’assurance que le prestataire travaille légalement et qu’il a signé le Code de déontologie.
  • En tout état de cause et surtout si vous faites une recherche ciblée sur Internet ou sur un site communautaire, les questions à se poser incluent :
    • Le prestataire exerce-t-il légalement son métier (ex. en France, son numéro de SIRET) ?
    • Est-il natif de la langue cible?
    • Ses documents de présentation (email, plaquette, site Web, blog, etc.) sont-ils professionnels et sans faute ?
    • Quels exemples de travaux peut-il vous montrer ? Sont-ils signés ?
    • Peut-il fournir des références dans le domaine et pour le type de traduction qui vous concerne ?
    • Se forme-t-il régulièrement ?
    • A-t-il souscrit à une assurance responsabilité civile professionnelle et une responsabilité civile d’exploitation ?
    • Soumet-il un devis en bonne et due forme (avec toutes les mentions obligatoires) pour signature avant de commencer un projet ?
    • A-t-il des conditions générales de vente ?

Ces vérifications raisonnables prennent peu de temps et peuvent vous éviter de mauvaises surprises.

Prenez votre téléphone, un traducteur professionnel se fera un plaisir de répondre à toutes vos questions. De plus, s’il ne peut vous rendre service – pour cause de plan de charge ou un manque d’expertise dans votre domaine précis, il y a de fortes chances qu’il sera en mesure de vous recommander un(e) collègue qui serait LA personne qu’il vous faut.

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