Acheteurs : Que faire si la traduction que vous avez commandée est une daube ?

daube provençale

Boeuf en daube du guide de Pierrette

 

Vous avez reçu une daube

Pas la délicieuse recette provençale, évidemment, mais une traduction de piètre qualité.

Mais le savez-vous ?

Question capitale à laquelle l’écrasante majorité des acheteurs de traductions ne peuvent pas répondre avec certitude eux-mêmes.

Soit ils ne connaissent pas du tout la langue de destination, et parfois s’appuient sur un contrôle
visuel pour ‘voir’ s’il y a le même nombre de phrases ou paragraphes, si les titres sont au même endroit, s’ils arrivent à retrouver de la termino métier, des noms propres et ainsi de suite.

Soit – et c’est tout aussi risqué – ils ont quelques notions, ce qui donne un faux sentiment de sécurité. Il est possible de comprendre un texte, et même contrôler une terminologie spécifique, mais il n’est pas possible de se rendre compte si la traduction “sonne” native sans être soi-même un natif de la langue.

Oui, cela peut vous arriver

Vous travaillez pour la première fois avec un prestataire et, n’étant pas du métier, n’avez peut-être pas su comment bien le choisir ou avez été séduit par une offre alléchante en terme de tarifs ou de délais.

Vous lui avez fait confiance, ce qui est tout à votre honneur. Mais la confiance, ça se gagne. Quand le traducteur vous aura rendu son premier projet, faites le relire par un natif de la langue cible.

Le texte est-il fluide ? Agréable à lire ? Adapté au niveau de langage (expert / généraliste) du lectorat auquel il est destiné ? Vous ressemble-t-il, c’est-à-dire est il en harmonie avec la culture de votre entreprise, son ton, sa voix ? Est-il sans faute et contre sens ? Remplit-il les objectifs (que vous n’aurez pas manqué de définir en amont, bien sûr) ?

Si le bilan de santé n’est pas concluant, utiliser la traduction “en l’état” peut vous coûter très cher.

Si vous n’avez pas, dans votre entreprise ou entourage, un natif de la langue en question, faites-appel à un autre traducteur professionnel (l’annuaire des membres de la SFT est à votre disposition, par exemple) : il ou elle sera en mesure de vous donner une appréciation objective du document et de vous conseiller sur la marche à suivre.

N’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin d’un diagnostic d’une traduction du français vers l’anglais !

Typologie de problèmes et de solutions

Si la traduction est une daube pour des raisons objectives – fautes de frappe, de grammaire, de terminologie ou de texte qui manque – c’est à votre prestataire de corriger le tir et de vous rendre le travail qui a été commandé. Sans surcoût même si le prestataire doit faire appel à un tiers pour vous rendre une copie qui correspond au cahier des charges (par exemple, le niveau d’exigence d’une traduction “pour information” et d’une “pour publication” n’est pas le même : il ne faut pas commander une 2CV si l’on a besoin d’une Porsche !)

Si le problème relève d’un manque de compréhension du sujet (un traducteur professionnel est spécialisé, il faut le choisir en conséquence; un vrai pro refusera tout projet qui n’est pas dans ses cordes) ou de la langue source, appréciez le degré de manque. Si expliquer le sens d’un passage un peu ardu peut redresser le tir, il est probable que votre prestataire peut apporter les modifications nécessaires (ceci dit, il aurait du poser des questions pour lever toute zone d’ombre…). Si les manques sont trop nombreux, il est préférable que vous fassiez appel à un autre professionnel. Réglez la note du premier, l’erreur de casting vous aura appris quelque chose qui vous servira à l’avenir.

Enfin, si la qualité de “daube” est une question de traduction calque – traduction littérale, mot à mot – ou de style rédactionnel qui ferait tiquer un lecteur natif – attention ! ne pas aimer le style d’un auteur ou d’un rédacteur est un tout autre sujet ! – à nouveau, passez votre chemin et reprenez votre projet à zéro, la crédibilité de votre entreprise en dépend.

Malheur aux faiseurs de traductions littérales, qui en traduisant chaque parole énervent le sens ! C’est bien là qu’on peut dire que la lettre tue, et que l’esprit vivifie.
Voltaire, Lettres philosophiques


 

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